Vous vous en doutez. Je n’étais pas très chaud à l’idée d’écrire sur cette affaire. La presse et les blogs s’en sont globalement chargé, et honnêtement je ne vois pas ce que je peux rajouter sur cette histoire. L’animateur phare de Vivendi a fait une grosse bêtise -c’est le moins qu’on puisse dire- et les différents acteurs (CSA, Associations, presse et consommateurs) vont en faire des tonnes. Mais est-ce vraiment pertinent ?

Le fait est que Cyril Hanouna est un coutumier du fait. Il a circulé sur Facebook un tableau répertoriant la stratégie « badbuzz » de l’animateur. Tableau résumant bien le tout. D’abord, il lance une polémique par une blague discutable. Ici, on atteint une apogée incroyable de bêtise. Ensuite, on laisse les gens s’émouvoir de la connerie. Les fans de l’émission défendront celle-ci sur les réseaux sociaux avant le fameux slogans : c’est une blague. Puis, Hanouna s’excuse en expliquant avoir voulu attirer l’attention sur un problème particulier, et il retourne la situation en se disant « touché » par les réactions qu’il a subi. De coupable, il passe à la victime. Boum d’audience. On recommence.

Finalement, parler de cette affaire, c’est rentrer dans le jeu de l’animateur. C’est pour cette raison que je trouvais très discutable d’en parler. Je vais donc m’attaquer à un sujet général plus problématique : l’humour pardonne t’il tout ?

Les affaires à citer sont nombreuses. Hanouna bien évidemment. Mais nous pouvons aussi parler du jugement de Nadine Morano qui expliquait qu’on pouvait l’insulter sous couvert d’humour.

Le tribunal avait notamment jugé que l’artiste était resté dans «la loi du genre» en tant que comique, et qu’il n’avait «pas dépassé ses outrances habituelle».
Source : Le Parisien.

A partir de tel jugement, c’est difficile de condamner à un quelconque humoriste qui se risque à des propos discutables. Il y a bien évidemment une différence d’échelle entre Guy Bedos et Cyril Hanouna, mais il y a aussi une différence de victime. Mais, l’affaire Hanouna n’a t’elle, au final, pas été créé directement par les « non-condamnation » de ceux qui ont insulté sous le registre de l’humour.

Mon point de vue est simple. D’un côté, vous expliquez directement par la justice que, parce que vous faîtes de l’humour, vous avez le droit d’outrepasser légèrement la loi. La justice refuse de vous condamner. Le CSA, gendarme de l’audiovisuel, reste gentillet dans ses mises en gardes. Il y a un sentiment, chez moi, d’impunité de ces comiques et donc, pourquoi ne l’auraient-ils pas eux ? Ça fait l’audience. On parle d’eux. Les audiences augmentent. Et à la fin, mêmes les tribunaux jugent que c’est :

En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que Guy Bedos était «dans son registre habituel» d’humoriste lorsqu’il avait insulté l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy, devant 1.300 spectateurs, dans son fief électoral de Toul (Meurthe-et-Moselle). Le tribunal avait notamment jugé que l’artiste était resté dans «la loi du genre» en tant que comique, et qu’il n’avait «pas dépassé ses outrances habituelle».
Source : Le Parisien.

La décision veut tout dire. Registre habituel ? Hanouna réponds aussi à ce critère. Et alors ? Lorsque j’étais petit, mon registre habituel était de faire des fautes à chaque mot. On me sanctionnait pour ça. Il serait temps que la justice et le CSA prennent la main sur cette affaire. Sanctionnez sévèrement. N’ayez pas peur ! Mettez une limite ! C’est nécessaire ! Envoyez un message ! Soyez digne de votre fonction !

J’entends les arguments : « On peut rire de tout » ! « C’est de l’humour ». « Il y a pas mort d’homme ». Mais je suis désolé, mais vos arguments, c’est de la merde en boite.
Je refuse de les prendre en compte. On peut rire de tout. A la rigueur. Mais pas avec tous le monde. Vos blagues, elles touchent des gens. Et si elle provoque des drames, est-ce qu’on ne doit pas agir ? Faîtes vos blagues, et prenez la sanction qui va avec. Parce qu’il faut savoir une chose : si on ne sanctionne pas, alors il y a aura pire. Que ce soit Hanouna ou un autre, une personne ira plus loin.

Dans notre société, est-ce trop demandé un minimum d’éducation et d’empathie ? Peut-être.

Sur ces mots, portez vous bien !