Depuis l’élection surprise de Donald Trump aux USA, on assiste à un rejet de masse des sondages. Ils se trompent, mais ça c’est pas nouveau. Ils n’ont jamais vraiment été pertinent, de mon point de vue. Mais, lors de cette élection, un élément de plus a fait son apparition : les sondages d’origine populaire. Est-ce mieux ? Eh bien, non. Ils sont différents, mais pas vraiment plus efficace ou pertinent.

Un sondage classique, commandé le plus souvent par l’Elysée ou par un journal, se base sur un panel représentatif de Français. Bref, les sondages sont basés sur un échantillon qu’on estime représentatif. Là, normalement, on se base sur approximativement 1000 individus sélectionné de manière plus ou moins aléatoire après une série de question visant à déterminer divers facteurs. Au final, même interrogé, il n’est pas certains que vous soyez sélectionné pour être dans le fameux panel de la population. C’est normal. Imaginez une sélection aléatoire qui sélectionne 70% de femme, ou 80% de Parisien. Ce n’est pas représentatif.

Pour plus d’information sur les sondages, je vous renvoi vers ce site que je trouve complet : Tout savoir sur les sondages d’intention de vote !

Ici, on va plus développer ce sondage incroyable que j’ai découvert ces dernières semaines : le sondage d’origine populaire.

Il n’est pas vraiment différent du sondage pro. Il recueille les intentions de vote. Néanmoins, les résultats sont très différents. Le premier que j’ai vu plaçait Jean-Luc Mélenchon en tête avec 40% d’intention de vote, et a été posté sur Facebook, dans les commentaires d’un article. L’auteur -du commentaire- envoyait à qui le lisait que c’était un sondage plus représentatif car il y avait beaucoup de votant.

J’ai rigolé.

J’ai vu un sondage similaire avec Marine Le Pen en tête et un autre avec -tenez vous bien- Asselineau.

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Source

Maintenant, je pense qu’il n’y a plus besoin de vous convaincre du problème de ces sondages populaires.

Au final, comme ils n’ont pas un véritable échantillonnage représentatif de la population, ils deviennent n’importe quoi. Imaginez un sondage sur la popularité de Macron posté sur les forums anticapitalistes ou sur le charisme de Le Pen sur les forums d’extrême gauche. Vous voyez le résultat. C’est bien évidemment les cas les plus stricts, et je ne remet pas en cause la bonne volonté des sondeurs populaires. Toujours est-il que dans leurs pratiques, ils sont probablement encore moins efficace que les sondages professionnels.

Certains sondeurs populaires font un effort. Ils tentent, par exemple, de diversifier leurs sources. C’est le cas, par exemple, de la page facebook Parlement 2.0. C’est une page qui fait dans le sondage populaire, mais qui a essayé -avec plus ou moins de succès- de diversifier ses lecteurs. Le panel est donc potentiellement plus représentatif que les cas extrêmes d’exemple cité plus haut. Le problème reste là. Les sondeurs populaires n’ont strictement aucun moyen de contrôler les votants, et donc d’estimer la valeur des intentions de vote.

Finalement, c’est ce qui fait la différence majeure entre un vrai sondage professionnel et un sondage populaire. Mais finalement, si le sondage pro se trompe et que le populaire n’est pas plus efficace, doit-on juste accepter qu’il est impossible -aujourd’hui du moins- de cartographier les opinions politiques et les intentions de vote des Français ?

Vous êtes seuls juges.